Voyage au cœur de l’exception

Il est des jours à marquer d’une croix blanche. Le lundi 30 novembre en est un.

Il est des vins qui vous laissent un goût d’éternel, un souvenir indélébile. Les vins du Domaine de la Romanée-Conti sont de ceux là.

Le Domaine de la Romanée-Conti est riche d’une histoire puisant ses origines à la fondation du prieuré de Saint-Vivant. Au cours du XIIIe siècle, les prieurs acquièrent des vignes dont celles de la future Romanée-Conti : « Cros des Cloux ». En 1651, apparaît la mention Romanée pour le « Cros des Cloux ». Puis, la parcelle est rachetée par le Prince Louis-François de Bourbon-Conti. Le 13 février 1794, première expertise de la Romanée et apparition du nom « Romanée-Conty ». Jacques-Marie Duvault Blochet rachète en 1869 le Domaine de la Romanée-Conti qui sera plus tard transmis à la famille de Villaine par l’intermédiaire de Dominique Chambon, l’arrière petite fille de Jacques-Marie Duvault Blochet et épouse d’Edmond Gaudin de Villaine. Depuis 1942, la famille Leroy est co-propriétaire du Domaine de la Romanée-Conti.

Aujourd’hui, le domaine compte 28 ha de vignes largement inspirées de la conduite en biodynamie. Cela signifie qu’aucun pesticide, ni herbicide vient polluer la vigne. Le sol est travaillé en labour et nourrit avec des matières organiques (comme le fumier de cheval ou de bovin). Au Domaine de la Romanée-Conti la philosophie est de laisser s’exprimer le millésime, l’appellation et la Nature. Ici, comme partout en Bourgogne, le millésime 2015 s’annonce flatteur et plein de promesses. 12 jours ont été nécessaires pour les 100 vendangeurs et les 17 personnes au chai. Le rendement est de 22 hecto/hectares pour les rouges et 40 hecto/hectares pour les blancs. A la Romanée-Conti, le maître mot de la vinification est « simplicité ». La vinification est majoritairement faite en vendanges entières : 70% pour 2014 et 100% pour 2015. Les températures non manipulées. Puis les nectars vieillissent en 100% fûts neufs élaborés à partir de bois issus de trois forêts françaises dont la gestion durable est faite par l’ONF (Office National des Forêts). Enfin, et à des fins de gage d’authenticité, toutes les bouteilles du Domaine de la Romanée-Conti sont flanquées de cire d’abeille incolore sur le haut du goulot depuis 2012.

Côté dégustation

« La différence entre simplement un beau vin, et un vin émotionnel, c’est le souci du détail. Les plus grandes choses ne s’obtiennent que dans le risque ». Bernard Noblet

C’est un immense privilège de pouvoir déguster une fois dans sa vie, sur fûts, au Domaine de la Romanée-Conti. Nous mesurons notre chance de pouvoir, dans la même journée, pénétrer dans les caves de la « DRC », déguster des vins d’exception et échanger avec le maître de chais d’une des plus grandes caves du monde.

Bernard Noblet est au domaine depuis 1978 et maître de chais depuis 1985. Sa philosophie dans la vie : toujours se remettre en question et ne pas se reposer sur ses acquis. Ce qu’il recherche avant tout dans un vin c’est l’émotion que celui-ci procure. C’est un homme plein d’humour et de bons mots, attachant et véritablement passionné qui conduit notre dégustation dans les caves de la Romanée-Conti.

Millésime 2014 sur fûts

  • Corton
    C’est un vin avec beaucoup de matière, un beau fruité et une belle finesse. Tout en élégance
  • Echezeaux
    Finesse, élégance et puissance caractérise ce nectar
  • Grand Echezeaux
    C’est un vin à la fois puissant et charpenté
  • Romanée-Saint-Vivant
    La finesse, la délicatesse et la douceur du début laissent place à une belle puissance en fin de bouche
  • Richebourg
    C’est un vin puissant et séducteur. Comme Bernard Noblet le souligne si bien « c’est comme un homme qui arriverait avec ses gros muscles, mais qui prendrait le temps de séduire tout en finesse par la suite… »
  • La Tâche
    Monumental et exubérant sont les adjectifs qui caractérisent le mieux ce grand vin
  • Romanée-Conti
    C’est un moment de grâce qui invite au recueillement tant la dégustation de ce grand vin est un privilège que l’on mesure. Bernard Noblet décrit ce nectar comme « une femme sensuelle enveloppée de soie et de dentelle, et puis il y a ce coup de griffe à la fin ». C’est un vin qui nous fait prendre toutes les directions. D’abord on descend dans la complexité géologique de son terroir. Puis on s’élance avec lui dans sa longueur et sa persistance. Enfin, il nous emmène dans sa minéralité aérienne. Tout en légèreté il élève notre esprit et nous transporte. Il laisse indéniablement une empreinte en bouche et une trace dans nos mémoires.

Puis nous avons eu l’honneur de faire une dégustation à l’aveugle. Ce fut un moment inoubliable d’émotions et de surprises. Nous découvrons des merveilles en bouteilles avec tour à tour : l’intensité du Richebourg 1999, l’incroyable persistance aromatique du Richebourg 1990, le charme du Richebourg 1965 et la finesse du  Bâtard-Montrachet 2007, vin dont tout un chacun sait que l’on peut déguster uniquement au domaine (car seul le Montrachet est commercialisé).

 « Les dieux nous auraient-ils laissé en souvenir dans ce carré de terre, la trace fascinante d’une perfection intemporelle ? » Richard Olney dans Romanée-Conti